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10.10.2019

Y a-t-il différents types de dyscalculie ?

de Isabelle Causse-Mergui et Josiane Hélayel

Extrait du livre 100 idées+ pour aider les élèves « dyscalculiques »

Dans 100 idées+ pour aider les élèves « dyscalculiques », nous ne traiterons pas des troubles qui trouvent leur origine dans des traumatismes, des lésions organiques ou des dégénérescences. Nous nous concentrons sur les éleves souffrant de « dyscalculie développementale », c’est-à-dire d’« un trouble des compétences numériques et des habiletés arithmétiques qui se manifestent chez des élèves d’intelligence normale qui ne présentent pas de déficit neurologique acquis »1.

Des études portant sur d’assez larges échantillons font apparaître qu’entre 3,5 et 7 % d’enfants seraient « dyscalculiques » (INSERM, p. 294).

Il faut distinguer le trouble du sens du nombre (voir Dyscalculie | Le sens du nombre), dyscalculie primaire2 directement liée à un dysfonctionnement cérébral, des dyscalculies secondaires à l’anomalie d’une ou plusieurs des fonctions cognitives nécessaires à l’apprentissage des mots-nombres, des écritures chiffrées et des calculs.

La dyscalculie « primaire » ne concernerait qu’environ 1,5 % d’enfants.

Plusieurs types de dyscalculies secondaires ont été distingués par Temple (1992)3 et Geary (1993)4 :

• une dyscalculie du traitement numérique, se traduisant par des difficultés à lire et/ou à écrire les nombres qui résulteraient de troubles des fonctions langagières et/ou de troubles des fonctions visuo-spatiales et oculomotrices5 ;

• une dyscalculie « mémorielle », se traduisant par une incapacité à acquérir les faits numériques, comme les tables d’addition et de multiplication qui résulterait de troubles mnésiques ;

• une dyscalculie « procédurale », entraînant des difficultés dans la mise en oeuvre de procédures ou de raisonnements qui résulterait de troubles des fonctions exécutives.

D’où l’importance d’effectuer des bilans spécialisés à la fois dans l’évaluation des opérations logiques, des performances mathématiques et des fonctions cognitives impliquées dans la réalisation de ces performances (mémoire, langage, aspects visuo-spatiaux, fonctions exécutives) auprès de professionnels spécialisés dans les pathologies développementales de l’enfant pour pouvoir organiser au mieux la remédiation en s’appuyant sur les fonctions cognitives efficientes.

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1. INSERM, Dyslexie, Dysorthographie, Dyscalculie. Bilan des données scientifiques, dossier sur les troubles affectant les apprentissages scolaires, p. 1. Voir bibliographie en fin de volume.

2. Voir à ce sujet Mazeau M., « Du logico-mathématique aux dyscalculies », dans Rééducation orthophonique, Les troubles de la cognition mathématique 2, n°270, juin 2017.

3. Temple, C.M. (1992), “Developmental and acquired disorders of childhood”, in I. Rapin, F. Boller and J. Grafman (eds), Handbook of Neuropsychology, vol. 7, “Child Neuropsychology”, p. 211-222. — Temple, C.M. (1992), “Pocedural dyscalculia and numberfact dyscaculia: Double dissociation in developmental dyscalculia”, Cognitive Neuropsychology, 8, p. 155-176.

4. Geary, D.C. (1993). “Mathematical disabilities : Cognitive, neuropsychological, and genetic components.” Psychological Bulletin, 114, p. 345-362.

5. Voir à ce sujet D’Ignazio A. et Martin J., 100 idées pour développer la psychomotricité des enfants, Tom Pousse, 2018.

Photo by Black ice from Pexels

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