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17.09.2019

Pourquoi ne faut-il pas sous-estimer la lucidité d’un enfant à haut potentiel ?

Par Doris Perrodin, Roberta Poulin et Olivier Revol

Extrait du livre 100 idées pour accompagner les enfants à haut potentiel

Dès leur plus jeune âge, les enfants HP sont très lucides, pour ne pas dire « trop » lucides. Comprendre les réalités de la vie (trop) rapidement peut devenir extrêmement angoissant pour un enfant dont la maturité correspond à celle de son âge réel.

Les prises de conscience (liées à la mort, à l’univers par exemple) se font particulièrement tôt chez eux et il est très fréquent d’avoir des appels à l’aide de parents désemparés face à ces questions qui se font communément très pressantes et sont à la fois très pragmatiques, pour ne pas dire « cliniques », dans leur manière d’aborder un point que les enfants HP souhaitent éclaircir mais qui chiffonne quelque fois les adultes autour d’eux.

Pressantes en nombre (le mode rafale est très vite adopté !), en intensité (une réponse donnée appelle alors une nouvelle question, plus précise, plus pointue) et en fréquence (ces questions sont posées en toutes circonstances, à tout moment de la journée, sans répit possible). Dans un article, l’auteure du blog Les Tribulations d’un Petit Zèbre souligne d’ailleurs combien cela peut être parfois « très difficile à gérer vis à vis du monde extérieur. Pour répondre du mieux possible à ces vagues d’interrogations, il faut être capable de se mettre dans une bulle, de ne pas prêter attention au regard des autres et à leurs jugements ». Elle évoque une anecdote vécue lorsque son fils HP était alors tout juste âgé de quatre ans : il avait voulu qu’elle lui explique ce que devenaient les gens morts. Non pas sur un plan spirituel, car les questions portaient exclusivement sur un aspect « pratique » : où étaient-ils placés ? Pendant combien de temps ? Étaient-ils habillés ? Par qui ? Que faisait-on ensuite des corps ?, etc.

De telles interrogations peuvent évidemment choquer et mettre très mal à l’aise certaines personnes. Celles-là vont avoir tendance à éluder le sujet, que ce soit par gêne ou par volonté de « protection » de ce qu’ils estiment ne pas être de l’âge de l’enfant, ce qu’ immédiatement le petit HP ne manquera pas de repérer pour mieux insister… Ou, selon sa personnalité, pour garder cette question enfouie en lui et laisser la machine à penser qui carbure dans sa tête élaborer des réponses pas forcément des plus sécurisantes ni des plus factuelles.

Sous-estimer cette lucidité peut donc aggraver l’anxiété ressentie par l’enfant surdoué. Il est bien inutile et peu productif de lui raconter des « bobards » ou de contourner une question au prétexte qu’il ne pourrait pas comprendre à son si jeune âge, ou que cela risquerait de le perturber.

Répondre clairement et sincèrement, avec des propos adaptés à leur âge, rassure les enfants HP. De même, quand on ne sait pas, il ne faut pas hésiter à leur expliquer tout simplement que l’on n’a pas la réponse à cette question (à noter que cela peut être l’occasion de la chercher ensemble !).

Enfin, il est parfois nécessaire de revenir ultérieurement sur le sujet pour s’assurer que l’enfant a bien fait le tour de la question, sans quoi il pourrait à nouveau se poser (trop) de questions générant, à nouveau, de l’anxiété.

Photo by Porapak Apichodilok from Pexels

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