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7.11.2017

Les idées reçues sur les allergies

Par Sandy Rudewiez

Extrait du livre 100 idées pour vivre sereinement avec une allergie

On m’a dit que… je ne pouvais pas emmener mon bébé chez un allergologue pour faire un bilan allergique car à cet âge, les tests ne sont pas fiables.

C’est faux ! Des tests cutanés permettent de mettre en évidence d’éventuelles réactions d’ordre allergiques chez le tout jeune nourrisson, dès les premiers mois de sa vie. En dessous de trois mois les deux-tiers des nourrissons peuvent être testé par tests cutanés ; au-delà de trois mois ils sont testables dans tous les cas, sauf exception.

L’installation de l’allergie peut être en effet très précoce : 15 jours à un mois de vie. L’apparition d’eczéma, de reflux et de vomissements fréquents ou encore d’un œdème après une ingestion doit donc vous alerter et vous amener à consulter un allergologue le plus rapidement possible (d’autant que le rendez-vous n’est pas toujours immédiat !). Un diagnostic précoce de l’allergie alimentaire permet une meilleure prise en charge du problème… et une régression plus rapide des symptômes de l’enfant grâce à une stratégie thérapeutique bien fondée.

On m’a dit que… « l’allergie c’est dans la tête ».

L’allergie n’est pas un phénomène psychologique ou psychosomatique. L’allergie n’est pas dans notre tête mais dans
notre organisme. Elle implique notre système immunitaire et provoque un désordre bien réel. Notre corps déclenche une réaction de rejet et il se défend contre un aliment ou une substance qu’il considère comme un ennemi.

On m’a dit que… « l’allergie c’est génétique ».

En cas d’allergie, notre patrimoine génétique est souvent désigné comme le premier responsable. Mais, au sens propre, l’allergie n’est pas une maladie génétique : il n’existe pas de gène de l’asthme ou de l’allergie aux crustacés. Cependant, il est exact qu’il peut exister une prédisposition héréditaire : le patrimoine génétique intervient dans la transmission d’un terrain allergique familial (on utilise le terme de terrain « atopique »). Un enfant dont un des parents est allergique aura un risque supplémentaire de 24 à 40 % de développer lui-même des symptômes d’allergie.

Si les deux parents souffrent d’allergies, leur enfant aura un risque de plus de 50 % d’être à son tour atteint d’allergie. Mais d’une part, on voit ainsi que cette transmission d’un terrain atopique n’est pas systématique et, de plus, que ce facteur génétique éventuel est loin d’être le seul responsable de l’allergie.

On m’a dit que… il n’est pas dangereux de consommer une dose infime de l’aliment auquel je suis allergique.

L’idée que la réaction allergique est proportionnelle à la quantité d’allergène absorbée est totalement fausse… et dangereuse. Quelques milligrammes d’un aliment peuvent suffire à déclencher une réaction allergique de grande sévérité, quelques traces de l’allergène réellement présentes dans un produit industriel peuvent provoquer un choc anaphylactique.
En cas d’allergie ou de suspicion d’allergie, la vigilance doit donc être totale.

On m’a dit que … les symptômes de l’allergie sont toujours évidents.

L’allergie peut se manifester par des symptômes très divers : une rhinite, une conjonctivite, de l’eczéma, des signes digestifs, etc. Mais des œdèmes (gonflements de la peau) de différentes parties du corps, notamment des lèvres, des paupières, des mains ou des pieds sont également des signes d’une réaction allergique. Souvent impressionnantes, ces réactions doivent être traitées car elles peuvent être annonciatrices de réactions plus sévères. Mais les symptômes de l’allergie ne sont pas toujours aussi évidents. Certaines réactions, qui se produisent à l’intérieur du corps, sont plus difficiles à observer. Lorsque l’on parle d’oedème de Quincke, ou plus communément d’oedème laryngé, la réaction a lieu à l’intérieur de la gorge : le gonflement atteint les voies aériennes supérieures, l’air a de plus en plus de mal à passer dans le larynx, et la personne éprouve des difficultés grandissantes à parler et à respirer : c’est une urgence allergique.

Une autre urgence allergique, dont les symptômes ne sont pas toujours évidents à détecter d’emblée, est l’anaphylaxie (le choc anaphylactique). Il s’agit d’une réaction systémique et brutale touchant différents organes du corps, qui peut se traduire par une accélération brutale du rythme cardiaque, ou à l’inverse une chute de la tension artérielle et une perte de connaissance.

On m’a dit que … les allergies, c’est pour la vie.

Rien n’est figé avec les allergies : certaines passent au fil des années, d’autres persistent ou d’autres au contraire apparaissent. Si donc nous ne pouvons rien prédire à coup sûr, nous pouvons toutefois faire confiance aux statistiques qui montrent que 80 % des nourrissons souffrant d’une allergie aux protéines de lait de vache verront leur allergie disparaître spontanément avant l’âge de cinq ans. Mais l’allergie à l’arachide a un taux de guérison plus faible, de l’ordre de 22 % à l’adolescence. Les allergies sont donc évolutives et à n’importe quel âge de la vie.

Mais que l’impact de l’allergie se fasse sentir sur votre peau, votre respiration, votre alimentation, qu’elle vous gratte, vous irrite, vous agace, vous prive de desserts ou vous isole, l’allergie est partout, évolutive, sournoise, bénigne ou dangereuse, discrète ou remarquable.

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