Blog

26.10.2018

L’autisme est rarement « pur »

Par René Pry

Extrait du livre 100 idées pour accompagner un enfant avec autisme

La présence d’un autisme « pur », c’est-à-dire un autisme où seuls les symptômes qui servent à le décrire sont présents, est en fait assez rare. L’autisme est en effet bien souvent associé à d’autres maladies, à d’autres pathologies dont on ne sait pas si elles ont participé à la « cause » de l’autisme, si elles en sont les « conséquences », ou si elles sont simplement liées au trouble. On parle alors de comorbidités. Dans les cas où ces pathologies sont aggravantes, il faut absolument les repérer dans la mesure où elles nécessitent des traitements et des réponses spécifiques.

Parmi ces pathologies avérées, on peut citer :
• les troubles du sommeil, qui concernent 45 % à 86 % des enfants avec autisme ;
• les troubles psychiatriques (50 % et 75 %), qui restent malgré tout difficiles à déceler chez les personnes avec TED associé à un retard mental. Chez les adultes sans retard mental, c’est l’anxiété et la dépression qui sont les plus fréquentes ; par contre, chez l’enfant, c’est le déficit de l’attention/hyperactivité qui est un des troubles les plus repérés. Par ailleurs, la possibilité d’une pathologie « psychotique » (délire, bouffées délirantes, schizophrénie) associée aux TED justifie des recherches complémentaires ;
• l’épilepsie varie selon les études entre 5 % et 40 %. Le risque est plus élevé chez les filles que chez les garçons et lorsqu’un retard mental est associé. Pour l’incidence, on peut noter un premier pic d’apparition à l’âge préscolaire et un second pic à l’adolescence.
• la déficience intellectuelle. Sa prévalence varie selon le type de TED : c’est ainsi, et par définition, qu’il n’y a pas de retard mental dans le syndrome d’Asperger, tandis que dans l’autisme infantile 70 % des sujets présentent un retard mental associé ; celui-ci se distribue en 40 % de retard mental profond et 30 % de retard mental léger, avec une prévalence plus faible dans « autisme atypique », dans « autres TED » et dans « autres TED, sans précisions ».

On notera également une prévalence élevée de TED dans la population d’enfants et d’adolescents ayant reçu initialement un diagnostic de retard mental, mais d’autres recherches sont nécessaires avant de confirmer ce résultat.

Les maladies génétiques monogéniques les plus fréquemment rencontrées sont : le syndrome de Rett, le syndrome du X fragile et la sclérose tubéreuse de Bourneville.

D’autres anomalies génétiques, chromosomiques et géniques ont été mises en évidence chez certains enfants avec TED, et d’autres pathologies somatiques peuvent coexister avec les TED, comme chez toute autre personne. Leur fréquence n’est pas connue à ce jour et le besoin de recherches complémentaires s’impose sur ces associations.

On retiendra donc qu’il existe une multiplicité de facteurs de risques et de pathologies ou d’autres troubles associés aux TED.

Ces arguments militent en faveur de la nature multiple des facteurs causaux, avec une forte implication des facteurs génétiques dans leur apparition. Par ailleurs, les facteurs psychologiques parentaux, en particulier maternels, et les modalités d’interactions précoces n’expliquent en aucune façon la survenue des TED.

On peut donc dire qu’il existe un consensus de plus en plus large sur la nature neurodéveloppementale des TED, c’est-àdire sur le fait que des dysfonctionnements apparaissent dans le développement du cerveau des foetus à devenir autistique. Nous ne savons ni à quelle période de la grossesse ces dysfonctionnements surviennent, ni leurs causes.

 

Source photo : pixabay.com

Restez informé des nouveautés et évènements Tom Pousse.

efficitur. vulputate, justo elit. eleifend diam ut