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10.06.2021

Les dimensions cognitives du jeu

Par Sylvie Jacques et Rémi Samier

Extrait de notre nouveauté Le développement cognitif par le jeu

Tout le monde sait reconnaître une situation de jeu. Pourtant, les chercheurs ont beaucoup de mal à s’accorder sur une définition du jeu, car celui-ci est une activité complexe et multiforme.

Différents systèmes de classification et de définition du jeu existent.

Le plus souvent, ils reposent, soit sur des catégories liées aux comportements observés, soit sur des critères distinguant le jeu du non-jeu.

Cependant, ces systèmes ne rendent pas compte suffisamment de la sollicitation par le jeu des différentes fonctions cognitives.

Il est possible d’analyser le jeu selon 8 dimensions cognitives :

– la sensorimotricité (voir, écouter, toucher, sentir, se mouvoir, manipuler les objets, mobiliser le corps de l’autre) ;

– les émotions (les ressentir, les identifier, les verbaliser) ;

– les interactions sociales (lier des relations avec d’autres personnes et imaginer leurs rôles, leurs intentions) ;

– le langage (comprendre et raconter) ;

– la mémoire à long terme (conserver les informations importantes, développer les connaissances sur le monde, les enregistrer en mémoire et les retrouver dès que nécessaire) ;

– les fonctions exécutives (raisonner, planifier et anticiper) ;

– la créativité et l’imagination (créer, inventer de nouvelles règles, de nouveaux jeux, de nouvelles histoires) ;

– le métalangage et la métacognition (expliquer les règles, la stratégie à adopter).

Suivant les jeux, les dimensions cognitives ne sont pas sollicitées avec la même intensité. Celle-ci est modulée par le contexte et par l’intervention ou non d’un tiers (adulte, autres enfants).

Que l’on soit parent, professionnel de l’éducation ou professionnel du soin, analyser les dimensions cognitives permet de :

– stimuler l’ensemble des fonctions cognitives par des jeux variés ;

– cibler une ou plusieurs fonctions cognitives en fonction des objectifs pédagogiques ou thérapeutiques.

Grâce à un réseau de neurones appelé « circuit de la récompense », le jeu est intimement lié au plaisir qu’il procure et à la motivation qu’il suscite. Le jeu est ainsi une activité spontanée, volontaire et autotélique (réalisée pour elle-même, par plaisir).

Photo by cottonbro from Pexels

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