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27.11.2018

Dysphasie et scolarisation

par Marie-Noëlle Leroux et Monique Touzin

Extrait du livre 100 idées pour venir en aide aux enfants dysphasiques.

Malgré les inquiétudes des parents quant aux possibilités de scolariser leur enfant dysphasique, il est indispensable que celui-ci puisse se retrouver parmi des enfants de son âge et partageant les mêmes intérêts que lui. La scolarisation en maternelle est donc une expérience qui lui sera extrêmement profitable, et ce dès la petite section. Il faut toutefois prévenir l’enseignant de ses difficultés langagières pour qu’il ne le mette pas en difficulté devant ses camarades, qui de toute façon s’apercevront rapidement qu’il ne parle pas comme eux.

C’est en maternelle que l’enfant dysphasique va pouvoir développer ses compétences motrices, graphiques, et ainsi développer ses aptitudes dans des domaines susceptibles de le valoriser, aux yeux de ses camarades et à ses propres yeux.

C’est aussi là qu’il va apprendre comment communiquer malgré son trouble du langage, qu’il va prendre confiance en lui et mettre en place les relations avec ses pairs. Tout cela demande de l’attention de la part de ses enseignants et des autres adultes pour que cette période se passe bien.

Ensuite, selon le rythme de développement de l’enfant, va se poser la question du passage à l’école primaire. Si l’enfant ne présente pas de troubles associés rendant sa scolarisation difficile, l’enfant dysphasique doit pouvoir passer au CP malgré son trouble sévère du langage. En effet, l’apprentissage de la lecture va être un facteur favorisant son développement du langage oral. Il faut donc pouvoir le mettre en situation d’apprendre à lire, ce qui va lui donner un modèle de la production du langage oral, élément important pour la suite de sa rééducation.

La scolarisation en milieu ordinaire rend souvent nécessaire la mise en place de certaines adaptations, soit par le biais de la MDPH, soit par l’élaboration d’un projet interne à l’établissement. Ces adaptations vont permettre à l’enfant de s’intégrer au mieux et de participer dans les meilleures conditions à la vie de la classe et d’intégrer les principaux apprentissages. Dans ce cas, il est évident que le partenariat avec les orthophonistes optimise le travail réalisé à l’école : l’orthophoniste peut renseigner l’enseignant sur les aspects généraux et techniques, et l’enseignant est une importante source de renseignements concernant l’adaptation de l’enfant, la qualité de ses relations, ses compétences d’apprentissage, ses besoins au quotidien.

Néanmoins, du fait de la gravité des troubles du langage ou de la présence de troubles associés, il sera parfois nécessaire d’envisager la scolarisation en milieu spécialisé ; ces structures présenteront plusieurs avantages : un nombre réduit d’enfants par classe, une adaptation des programmes, des apprentissages et des techniques d’enseignement spécifiques aux troubles du langage, et une collaboration plus étroite avec les orthophonistes.
L’orientation des enfants se discute bien sûr au cas par cas, avec la famille et compte tenu aussi des réalités de terrain.

 

Photo : pexels

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