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16.07.2018

Faut-il lire des histoires à un enfant dysphasique ?

Par Marie-Noëlle Leroux & Monique Touzin

Extrait du livre 100 idées pour venir en aide aux enfants dysphasiques.

La question peut paraître incongrue, mais elle est souvent posée par des parents et des éducateurs qui se demandent si cela est justifié pour un enfant dysphasique, compte tenu de ses troubles du langage, et notamment parce qu’il ne peut pas à son tour raconter ces histoires par la suite.

Il y a deux interrogations majeures derrière cette question :
• est-ce que l’enfant tire du plaisir des histoires qu’on lui lit ?
• est-ce que c’est utile pour lui, pour son développement du langage ?
Sans contestation possible, cette activité de lecture d’histoires imagées avec l’enfant peut être extrêmement positive.

Le premier avantage est que l’enfant et l’adulte dirigent alors leur attention sur le même support, le livre, et que cela incite l’enfant à maintenir son attention simultanément sur un support visuel et verbal.

Le deuxième avantage est que cela lui permet de faire des liens entre les images et les mots : il entend toujours les mêmes mots sur les mêmes images. Il apprend ainsi un certain nombre de mots nouveaux et accroît son vocabulaire. L’enfant apprécie aussi d’entendre toujours les mêmes phrases sur les mêmes images, ce qui lui enseigne des structures de phrases correctes.

Le troisième avantage est que cette situation de communication avec l’adulte limite les situations d’incompréhension puisque le contexte et le sens découlent entièrement de la lecture. Les interventions de l’enfant à propos de cette lecture sont donc plus facilement comprises par le parent ; de son côté, l’enfant se sent alors valorisé car ses interventions, en phase avec l’histoire qui lui est lue, sont comprises par le parent.

Les deux se comprennent. À partir de là, l’adulte peut aussi faire évoquer à l’enfant d’autres situations en relation avec l’histoire. Il s’installera alors un échange verbal avec des risques limités de rupture de communication. L’enfant ne sera pas placé dans une situation de passivité et pourra prendre l’initiative de la conversation.

Outre le plaisir qu’il trouve dans le partage d’une activité avec l’adulte, dans une relation proche et chaleureuse, l’enfant prend aussi plaisir dans les histoires qu’on lui lit : la compréhension est aidée par le support des images, la redondance du texte au cours des lectures successives est rassurante, ses échanges et ses commentaires avec l’adulte sont valorisés.

Enfin, lire des histoires est un moteur du développement de l’imaginaire, et c’est aussi important pour le petit dysphasique que pour l’enfant possédant un bon niveau de langage.

D’autant plus que l’enfant ayant des difficultés verbales a certainement moins de représentations mentales à partir du langage que les autres enfants qui comprennent et produisent sans peine du langage et sont tout au long de la journée dans des interactions verbales sans éprouver de difficultés.

Il est donc indispensable de prendre ce temps de lecture avec l’enfant, pour lui donner le goût des histoires, lui faire découvrir le monde à travers les livres et lui permettre de faire l’expérience d’échanges verbaux valorisants.

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