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27.05.2019

Les mémoires spécifiques et leurs caractéristiques

Par Florence Cabellan

Extrait du livre 100 idées pour mieux discerner difficultés et besoins spécifiques dès la maternelle

Alain Lieury, spécialiste français de la mémoire, décrit une hiérarchie de plusieurs mémoires spécifiques ou plusieurs niveaux de traitement de la mémoire. Il dresse une « géographie de la mémoire » dans laquelle il distingue : les mémoires sensorielles (iconique, auditive, tactile, kinesthésique), la mémoire lexicale et la mémoire sémantique. Il précise que la mémoire ne doit pas être réduite à l’exercice de l’apprentissage par coeur, car cela renforce la mémoire lexicale au détriment du sens. Bien que la mémoire lexicale soit utile, l’accès à la dimension sémantique est tout aussi essentiel. Alain Lieury préconise un « emboîtement d’épisodes », chaque épisode abordant de façon variable une notion (exercices, travaux pratiques, recherche documentaire, carte mentale…). En multipliant les épisodes variés, l’enseignant favorise simultanément la construction de la mémoire sémantique.

Il souligne également l’importance de la subvocalisation (prononcer mentalement les mots lus lors d’une lecture silencieuse) qui permet de « réinjecter » les mots dans notre mémoire lexicale lorsque nous lisons ou entendons des informations. C’est dans ce processus de va-et-vient qu’intervient notre mémoire de travail (parfois appelée mémoire à court terme même si ce concept est d’origine plus ancienne). Les capacités réduites de cette mémoire de travail limitée à 7 éléments rendent effectivement nécessaires la répétition et l’apprentissage par coeur.

Ainsi, les diverses caractéristiques de la mémoire méritent d’être connues pour une plus grande efficacité dans les enseignements. Or, l’analyse des manuels scolaires prouve que nombreux sont les manuels qui ne favorisent pas la mémorisation des informations à long terme. La mémoire à long terme étant le « disque dur » de la mémoire. D’autre part, les mémoires multisensorielles activant de nombreuses zones cérébrales restent peu explorées à l’école.

Or, différents troubles dont les dyslexies développementales ont souvent pour conséquence des troubles visuo-attentionnels. Les difficultés de mémorisation de certains élèves doivent inciter les enseignants à exercer un regard critique sur les informations liées aux relations entre le cerveau et l’apprentissage afin de valoriser les approches sensorielles plus adaptées aux élèves en difficulté.

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